EX-PERCEPTIONS

La photographie a 150 ans. Littéralement le mot signifie "écrire avec la lumière", la faire entrer dans la chambre noire de l'appareil, laisser les photons virevolter dans cet espace et y déposer leur poussière cosmique. L'appareil photo est un révélateur de l'univers, le photographe un fixateur de l'instant, cette paire d'amis construit l'éternité. 

L'appareil photo est une machine à remonter le temps, démonter le présent, expliquer demain.

 

1001 pattes

Après le réchauffement climatique, la biodiversité devient à la mode et fait l'objet de l'attention des médias et des gouvernants, et même du grand public ! En parler c'est bien, agir serait mieux, mais on l'a vu pour le climat, 30 ans n'ont pas suffi pour prendre la mesure et décider, alors la biodiversité devra bien attendre 30 à 50 ans avant de s'inquiéter : autrement dit, il sera une nouvelle fois trop tard, car l'extinction des espèces ne se met pas en pause. Elle est seulement plus "visible" que le changement climatique global, c'est sa seule chance d'attirer le regard.

Ce timarque crache-sang s'en moque, mais il ne devrait pas : friand de gaillet gratteron, que lui restera t'il à croquer lorsque cette plante aura disparu du paysage ?

La fin du temps des cathédrales

Le temps de l'élévation de la condition humaine : se rapprocher du ciel, tutoyer Dieu, asservir la création, bêtes et gens. A l'instar des trompettes de l'Apocalypse, l'incendie de Notre Dame sonne comme un avertissement, une invitation à mettre de la mesure dans la conquête frénétique et destructrice de la maison Terre. Un président français a dit : "notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Terrible prémonition en voie de réalisation si rien ne se fait. Fort heureusement, les considérables levées de fond pour la restauration de Notre Dame portent un message d'espoir sur les sommes que les puissants peuvent investir dans le sauvetage de l'humanité.

Retour vers le passé

En ce 30 mars, le soleil darde ses derniers rayons avant le plongeon sous la ligne d'horizon, pour la nuit presqu'aussi longue que le jour en cette saison. Une nuit particulière, celle du changement d'heure, objet de polémique intemporelle depuis1976, dont la dernière seconde sonnera en 2021. Alors, tic tac-rons nous à l'heure d'été ou à l'heure d'hiver ? Qui l'emportera du lobby des substances apéritives, ou de celui des travailleurs et des professionnels de santé ? Des citadins et touristes amateurs de longues soirées, ou des ruraux qui se réveillent avec la lumière du soleil ? De l'inconscience, ou du bon sens ? De l'artificiel ou du naturel ? Exercice pratique de démocratie, ou l'intérêt général ne fait pas toujours le lit de la majorité !

Le pouvoir des fleurs

Elles sont de retour, comme chaque printemps, et par cette journée de mars, si belle et si chaude, les oiseaux eux aussi s'affairent. Tout le monde est 'il bien là pour le redémarrage annuel ? Difficile à dire, la biodiversité ne se mesure pas à un seul coup d'oeil. Les statistiques parlent d'une incroyable hécatombe de plantes, d'insectes, et d'animaux en général... et pourtant, une, deux, trois... on dirait qu'il n'en manque pas ! Tout à l'air si normal, même les gens qui adorent ce si beau temps, si... anormal, et qui en redemande. Alors, laissons ces funestes augures de côté, et profitons en jusqu'à la fin. Il sera bien temps de s'inquiéter plus tard.

Barrières

Les pays ne sont pas les seuls à ériger des murs pour se protéger d'envahisseurs plus ou moins imaginaires. Les mouvements de population ne datent pas d'aujourd'hui et n'ont finalement qu'un but : survivre. Qu'il s'agisse d'empêcher les gens d'entrer ou de sortir, les murs sont illusoires, et les idées les traversent pour conquérir le monde.

A l'heure où toutes les solidarités sont requises, la coopération s'impose face aux nombreux défis qui attendent l'humanité. Cette ouverture vers et avec les autres, c'est le sens du mot Fraternité inscrit dans la devise de la France, mais souvent oublié.

Un jour, les rues ne seront plus barrées de murs et les grands et petits débats y circuleront... en toute liberté.

Le cimetière des machines

Dans un bois parcouru par les chants d'oiseaux, elles reposent depuis plus de 25 ans, endormies pour l'éternité, une réchauffant son émail aux rais de soleil perçant les frondaisons, l'autre prêtant sa cage métallique à l'hiver encore mordant.

Images poétiques, si le sous-sol ne recelait des poisons infiltrés, des jus gras et lourds de menaces, déversant leur fiel dans le ruisselet qui file en contrebas.

L'endroit est bucolique, mais l'affaire n'est pas médiatique, et ne fait pas rêver, les regards sont ailleurs... mais chut, refermons le couvercle !