Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Mahatma Gandhi).
Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Mahatma Gandhi).

Paradise papers

« Paradise papers », c’est la nouvelle expression à la mode. Elle fait suite aux « Panama papers », sauf que cette fois le scandale atteint toute la planète financière, ce qui ne surprendra personne ! Cash investigation nous a gratifié mardi soir d’un « spécial Elise Lucet » sur les petits arrangements des puissants. Même l’Europe s’avère incapable d’éradiquer ces terres de fraude à l’intérieur de ses limites ! Les pays européens concernés ont beau jeu de faire valoir telle ou telle clause du contrat européen.

Ah ces puissants ! Compulsifs par leur rapport à l’argent dont ils raffolent jusqu’à l’écœurement, menaçant l’existence de leurs congénères, et compromettant jusqu’à l’équilibre de notre planète, tant politique, qu’économique et environnemental. Amasser, thésauriser à outrance des valeurs et des biens en une inutile accumulation au détriment de 99 % de la population mondiale. Et n’ayez pas l’outrecuidance de leur faire des remontrances, le monde dans lequel ils vivent n’est pas le vôtre. Ce sont même des donneurs de leçons, ne comprenant pas que leur cupidité ne soit pas également partagée entre tous ! Certes tous ne sont pas fraudeurs, ou pas uniquement des fraudeurs : l’optimisation fiscale profite beaucoup de failles réglementaires permettant de soustraire des sommes colossales à l’imposition. Dans ce cas, ce sont l’éthique et la morale qui trinquent, et ce, d’autant plus lorsqu’on se pare des vertus du charity business en mettant au pot des sommes certes importantes, mais ne représentant que le centième des fonds détournés par optimisation fiscale.

En vérité, nous sommes certainement encore dans un monde d’abondance. Abondance d’argent tout d’abord, le PIB mondial se portant très bien si on introduit dans le calcul l’argent capté par le système financier et la fraude fiscale. L’argent ne manque donc pas, il est seulement bloqué dans sa circumnavigation, maintenu dans les hautes couches de l’atmosphère (ou bancosphère, ou richosphère, à votre convenance) et ne retombe pas assez en ondées bienfaisantes. La théorie du ruissellement qui stipule qu’enrichir les riches finit par ruisseler sur les pauvres n’est qu’une fumisterie. Les possédants font juste l’aumône sous forme d’actions caritatives mais gardent pour eux la part du lion. Nous devons à ce système inique le manque de tout : hôpitaux, services publics, écoles… et une grande partie de la misère du monde.

Abondance de travail ensuite : des centaines de milliers de postes ne trouvent pas preneur, par manque de formation, par désintérêt pour un travail mal rémunéré, par le spectacle du montant des retraites qui n’incite pas à s’engager pour ne récolter que des miettes au bout du parcours. De toute façon, l’intérêt des états est de maintenir une certaine proportion de chômage, car le plein emploi rend le pouvoir aux salariés, en matière de choix et de salaire. Les salariés deviennent ainsi moins manipulables. La rareté c’est le pouvoir et la valeur travail n’échappe pas à cette règle.

La rareté est un mode de gouvernance généralisé et si les puissants s’y adonnent largement, c’est qu’ils comptent sur le comportement moutonnier des peuples.

Vous en doutez ? La pénurie de beurre dans les linéaires des supermarchés est pour une large partie due aux surstocks des consommateurs. Et aussi, rappelez-vous fin septembre à l’annonce d’un blocage des raffineries : des stations vendéennes (vendéennes oui !) se sont retrouvées à sec alors que le mouvement de blocage n’était pas encore effectif ! Ce mouvement n’a de plus eu aucune conséquence sur les approvisionnements !

La rareté, c’est l’argument de vente le plus répandu au monde !

 

 

Thierry Couillaud.
Mercredi 8 novembre 2017.

Commentaires

Aucune entrée disponible
Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires
Bridges § Warriors
La plume et l'épée