Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Mahatma Gandhi).
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Moralisation ?

Le quotidien Ouest France publie ce matin (page 4 du mardi 1er août) la réaction de Madame la ministre, Muriel Pénicaud, à propos de la plus-value de 1.13 millions d’Euros réalisée en vendant ses actions issues de stock-options en 2013, alors qu’elle était DRH chez Danone. Opération parfaitement légale au demeurant, ces actions acquises en 2009 pouvant être débloquées au bout de 4 ans. Le sort était favorable, puisque suite à un plan de restructuration de 900 départs volontaires, le cours de l’action avait considérablement monté, d’où la plus-value conséquente engrangée par la DRH. Tout cela est immoral mais c’est le jeu de la finance, qui redistribue insuffisamment aux revenus les plus faibles. Et cette sorte d’injustice s’ajoute aux dires repris par Ouest France : «Selon la HATVP [Haute autorité pour la transparence de la vie publique], Muriel Pénicaud a touché 4,74 millions d’euros net de rémunération, de janvier 2012 à avril 2014, soit près de 170 000 € par mois, lorsqu’elle faisait partie du groupe Danone».

Le journal poursuit dans ces termes : «Je ne laisserai personne dire que je n’ai pas de cœur et pas de morale», a dit, hier, la ministre du Travail. Muriel Pénicaud s’exprimait devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée.[…] La ministre a toutefois jugé «légitime» le «débat de société» sur les «rémunérations des dirigeants». Mais elle a défendu «les personnes qui prennent des risques, qui vont créer de la valeur économique et donc la possibilité d’emploi», jugeant «normal que, sans excès, ils gagnent de l’argent, qu’ils aient le retour de leurs investissements, et de leur responsabilité».

Ce dernier paragraphe me laisse pantois car en supposant que Madame la ministre se place dans la catégorie des « personnes qui prennent des risques », le risque réel est assez faible, le mécanisme des stock-options étant suffisamment sécurisé pour justement limiter cette prise de risque. D’autre part, son salaire de l’époque était certainement suffisant pour lisser les éventuelles mauvaises surprises. Ses réponses reflètent le fossé tant décrié pendant la campagne présidentielle : les élites déconnectées du peuple. A l’image du terme utilisé par Madame Pénicaud pour désigner ce type de rémunération : « sans excès ».

La ministre du travail, déjà embourbée dans l’affaire Business France, en violation des règles des marchés publics, accusée de favoritisme, est au bord de la mise en examen. Cela fait beaucoup pour ce début de mandat et n’augure pas de la largeur d’esprit utile à la réforme du code de travail menée par la ministre.

 

 

Thierry Couillaud
Mardi 1er août 2017

 

 

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