Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Mahatma Gandhi).
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Fête du travail ?

1er mai : fête du travail. L’expression paraît surannée tant la notion de travail est galvaudée, rabaissée voire méprisée. Ce qui passait pour une des plus hautes valeurs de nos sociétés évoluées (travail – famille –patrie fût même le socle idéologique d’une sombre page de l’histoire de France), qu’en reste ‘il et fêter le travail conserve t’il un sens de nos jours ?

Un glissement sémantique s’est opéré au fil du temps puisque le premier mai était la « journée internationale des travailleurs » luttant pour améliorer les conditions de leur labeur, le travail n’étant pas ressenti comme une fête pour nombre d’entre eux.

Même actuellement le travail demeure plus une corvée qu’un vecteur d’épanouissement pour l’individu, à croire que les acquis sociaux du passé n’ont rien apporté et surtout pas la liberté tant espérée.

 

Fort heureusement, à de rares exceptions près l’exploitation forcenée n’existe plus dans un pays comme le notre et la pénibilité (physique) de nombreuses tâches s’est considérablement allégée.

Toutefois une constante demeure depuis des millénaires : l’enrichissement des uns passe généralement par l’asservissement des autres, à des degrés divers certes, puisque l’augmentation du niveau de vie des premiers entraîne mécaniquement celui des seconds, mais dans des proportions très inférieures.

Nos modes de vie et de consommation, dont nous sommes directement responsables concourent aussi  à l’émergence de frustrations, de dépendance à l’argent et à l’accumulation d’objets souvent inutiles, et de stress générateur d’autres formes de pénibilité : beaucoup doivent échanger leur soumission au travail contre les précieux Euros bien vite extorqués par une pression fiscale excessive, ou par l’acquisition  de biens de consommation, remettant ainsi en jeu leur salaire  et auto entretenant le système commercial.

Le stade ultime est le statut d’auto entrepreneur ou comment être en même temps le chat et la souris et contribuer à sa propre précarité.

 

Le travail n’a de vertu libératrice que lorsqu’il est consenti et pratiqué dans un cadre émancipateur et une compétition modérée entre les acteurs, c’est l’intérêt même des employeurs.

Alors qu’il y en a suffisamment, le travail est pourtant une des choses les moins bien partagées : certains en ont trop et d’autres pas assez, certains sont payés à ne rien faire et d’autres ne sont pas assez payés pour faire. Source d’inégalités donc source de tensions, la mauvaise  gestion du temps de travail peut finir par ne profiter à personne.

 

On peut penser que le travail tel que nous l’entendons finira par devenir inutile, et les défilés du premier mai ne seront plus que du folklore, le code du travail une pièce de collection.

En attendant, de profondes mutations devront s’accomplir et la transition sera longue pour adapter la société et l’économie à de nouvelles configurations. Bien des soubresauts seront nécessaires pour parvenir à construire un monde libéré des contingences socio professionnelles.

 

 

 

Thierry Couillaud.
Dimanche 1er mai 2016.

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