Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Mahatma Gandhi).
Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde (Mahatma Gandhi).

Déprises

Le Seigneur donne, le Seigneur reprend… L’œuvre entamée par les moines il y a une dizaine de siècles pourrait bien être partiellement effacée dans les décennies à venir. Le comblement naturel du golfe des Pictons et de la baie de l’Aiguillon ainsi que les travaux hydrauliques et de mise en culture ont permis la valorisation et l’exploitation de ces terres de marais.

Toutefois, la géographie n’est pas immuable et fixée pour l’éternité : à la faveur des modifications du climat, le niveau de la mer remonte, les coups de vents sont plus fréquents, la pluviométrie affiche de forts cumuls à certaines périodes.

Pendant le même temps, l’entretien des canaux, écluses, exutoires n’est pas totalement opérationnel et l’envasement est une perpétuelle menace.

Il en résulte un péril plus prégnant particulièrement pour les activités agricoles, très exposées au risque de submersion.

 

Trop d’hectares gagnés sur les marais et la mer et trop d’exploitation intensive sur des terres dont la vocation initiale tient plus du mode d’exploitation en  pâturage extensif.

Un retour à une agriculture plus respectueuse des contraintes naturelles est il possible ? L’évolution imposera le recul ou le maintien, ceux qui y vivent doivent le comprendre et anticiper les événements à venir. Les pouvoirs publics ont aussi le devoir d’accompagner les reconversions.

Le débat sur la gestion du marais n’est pas nouveau mais il se fait de plus en plus urgent.

 

 

La mer façonne perpétuellement le paysage côtier, ronge ici et construit ailleurs.

L’urbanisation et les infrastructures balnéaires font les frais de la fureur des éléments. Les coûteuses et incessantes reconstructions de digues et poses de protections et de brises lames ne changeront pas la donne, la mer ne peut être contrainte, très localement peut être mais pas à grande échelle.

Une maîtrise de l’urbanisation et de la construction est bien sûr une évidence pour prendre de l’avance sur la progression du trait de côte.

Là aussi une déprise sera à prévoir pour l’existant, et les efforts budgétaires plus alloués à l’indemnisation et aux déplacements des populations et des équipements collectifs qu’aux réparations sans fin, puisqu’à la fin tout sera englouti.

 

 

Thierry Couillaud.
Dimanche 21 février 2016.

 

 

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